Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/351

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— Ne va pas là !… Mon père l’a défendu… N’y va pas ou j’appelle les gens.

Jiline essaya de lui faire entendre raison.

— Je n’irai pas plus loin, dit-il : je veux monter seulement jusque-là… Je cherche une plante pour guérir… Viens avec moi… Avec mes entraves je ne puis pas me sauver… Demain je te ferai un arc et des flèches.

L’enfant accepta et ils partirent ensemble.

À regarder la montagne, le sommet n’en paraissait pas éloigné, mais pour s’y rendre, et surtout avec des entraves aux pieds, Jiline eut beaucoup de peine.

Quand ils furent au sommet, Jiline s’assit et regarda autour de lui. Au sud, derrière le hangar, on apercevait une route entre deux collines ; un troupeau de chevaux suivait cette route ; tout en bas, on voyait un autre village tatar ; derrière ce village, une autre montagne encore plus escarpée que celle où se trouvait Jiline, et derrière, encore une autre. Une forêt bleuissait entre ces montagnes. Au loin, encore des montagnes de plus en plus hautes. Dépassant toutes les autres et blanches comme du sucre on apercevait des montagnes couvertes de neige. L’une d’elles, semblable à un bonnet, dépassait toutes les autres et se détachait nettement du massif.

À l’est et à l’ouest, toujours des montagnes, entre lesquelles, çà et là, montait du creux la fumée