Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/373

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Tout heureux, il rassembla ses forces et commença à descendre la montagne. « Que Dieu me protège, fit-il. Si dans cet endroit découvert un Tatar m’apercevait, bien que je sois près des nôtres, je ne lui échapperais pas ! » À peine achevait-il cette réflexion qu’il aperçut, à sa gauche, sur la colline, trois Tatars. Ils étaient à deux déciatines de lui. À sa vue ils se mirent à sa poursuite. Son cœur battit. Il agita les mains au-dessus de sa tête criant de toutes ses forces :

— Frères ! Au secours ! Frères !

Les nôtres l’entendirent et des Cosaques à cheval partirent au grand galop pour couper la route aux Tatars.

Mais les Cosaques étaient loin et les Tatars s’approchaient de plus en plus.

Jiline, rassemblant ce qui lui restait de forces et tenant ses entraves dans ses mains, courut tout éperdu dans la direction des Cosaques, en faisant maints signes de croix.

— Frères ! Frères ! Frères !

Les Cosaques étaient une quinzaine.

Les Tatars eurent peur. Ils s’arrêtèrent et Jiline atteignit enfin les cavaliers.

Ils l’entourèrent et lui demandèrent qui il était, d’où il venait.

Mais Jiline était comme fou. Il pleurait en répétant :

— Frères ! Frères !