Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/386

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du bétail, des tapis, des fourrures, et beaucoup de miel. Ils enterrèrent leurs morts et se reposèrent quelque temps. Puis, ils chargèrent leur butin et voguèrent plus loin.

Peu de temps après, ils virent sur la rive une ville, avec des troupes innombrables, entourée d’un fossé, et le fossé muni de palissades.

Les Cosaques s’arrêtèrent. Ermak tint conseil.

— Eh bien ! enfants, que décider ?

Les Cosaques éprouvèrent quelque crainte. Les uns dirent :

Il faut passer devant.

Les autres :

— Il faut reculer.

Et tous s’emportèrent, accablant Ermak et disant :

— Pourquoi nous as-tu amenés ici ? Combien des nôtres sont déjà morts ou blessés ! Nous périrons tous ici.

Et ils se mirent à pleurer.

Alors, Ermak dit à son lieutenant, Ivan Koltzo :

— Et toi, Vania, quel est ton avis ?

— Mon avis ? C’est que si on ne nous tue pas aujourd’hui, on nous tuera demain ; et si l’on ne nous tue pas demain, alors nous mourrons sans honneur dans notre lit. Mon avis est de débarquer et de fondre sur les Tatars comme une lave, et à la grâce de Dieu !

— Très bien ! brave Vania, s’écria Ermak. C’est