Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/401

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LES CRISTAUX


Si l’on jette du sel dans l’eau et qu’on les mélange, le sel se dissout, et de telle façon qu’on ne le voit plus. Mais si l’on ajoute encore et encore du sel, à la fin, le sel cessera de se dissoudre, et l’on aura beau l’agiter, il restera toujours une poudre blanche dans l’eau. L’eau s’est saturée de sel ; elle n’en peut plus dissoudre.

Mais si on chauffe l’eau, elle en prendra encore, et le sel que n’aura pas dissout l’eau froide, l’eau chaude le dissoudra. Si on ajoute encore du sel, l’eau chaude elle-même n’en prendra plus ; et si on chauffe davantage, l’eau s’évaporera et le sel restera.

Ainsi, pour tous les corps solubles dans l’eau, il existe une limite au delà de laquelle l’eau ne peut plus dissoudre. Chaude, elle dissout mieux les corps que froide ; mais l’eau chaude, une fois saturée, cesse son action dissolvante ; les corps resteront, tandis que l’eau s’en ira en vapeur.