Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/428

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sa pelisse, avec son mouchoir sur la tête, et la vache donna son lait ; mais le vieillard ayant écarté les pans de la pelisse, l’animal flaira et, de nouveau, refusa son lait.

Quand les chiens courants flairent une piste, ils ne courent jamais sur la piste même mais à côté, à une vingtaine de pas. Si le chasseur ignorant veut ramener le chien sur la piste de la bête, quand il la touchera du nez, toujours l’animal sautera de côté.

Pour le chien, la voie sent tellement fort lorsqu’il a le museau dessus qu’il ne distingue rien et ne sait même pas si le gibier a fui en avant ou en arrière. Ce n’est qu’en s’écartant un peu, qu’il reconnaît d’où vient le fumet le plus vif, et alors il s’élance du côté de la bête.

Il fait juste ce que nous faisons quand on nous parle fort dans l’oreille : nous nous éloignons un peu et distinguons alors ce qu’on nous dit.

De même, quand l’objet que nous voulons voir se trouve trop près de nous, nous nous reculons pour le regarder.

Les chiens se distinguent et se reconnaissent entre eux à l’odeur.

L’odorat des insectes est encore plus subtil. L’abeille vole tout droit vers la fleur dont elle a besoin ; le ver rampe vers sa feuille ; la punaise, la puce, le cousin, sentent un homme à une centaine de milliers de leurs pas.