Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/463

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tirer le soc du sillon et de le jeter dans le buisson. Les gaillards s’approchent de la charrue ; ils descendent de leurs beaux chevaux et saisissent la charrue d’érable. Mais ils ne peuvent l’arracher du sol. Ils tournent autour et ne peuvent l’arracher de la terre, ils ne peuvent débarrasser de la terre les dents de la charrue, ils ne peuvent pas jeter le soc derrière le buisson.

Volga envoie toute sa bande. Il ordonne d’arracher la charrue du sol, de débarrasser de la terre les dents de la charrue, et de jeter le soc dans le buisson.

Tous les compagnons saisissent la charrue d’érable, mais ils ne peuvent l’arracher de la terre. Alors le paysan, le laboureur s’avance, il descend de son cheval ; il s’approche de sa charrue d’érable, il prend la charrue d’une seule main et l’arrache du sol ; avec la pelle il détache la terre et jette le soc dans un buisson de cytise. Ils sont remontés sur leurs beaux coursiers et s’en sont allés. Ils arrivent sur la route : la jument du paysan marche au pas et le cheval de Volga trotte ; le cheval du paysan va au trot et le cheval de Volga reste en arrière. Le paysan marche sans broncher. Volga galope à toute vitesse, et Volga dit au paysan en lui agitant son bonnet :

— Attends ! paysan-laboureur, on ne peut pas te suivre.

Le paysan se retourne vers Volga et ralentit le