Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol14.djvu/91

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nuisibles. Quant au salaire des maîtres, la différence entre l’opinion du peuple et celle des zemstvos est déjà presque entièrement exprimée dans ce qui précède. Cette différence réside en ceci : 1o Que le peuple prend le maître qu’il peut payer, et il sait par expérience qu’il y a des maîtres à tout prix, depuis deux pouds de farine par mois jusqu’à trente roubles ; 2o qu’il faut rétribuer les maîtres seulement pendant les mois d’hiver, ceux pendant lesquels sont possibles les études ; 3o que le peuple, tant pour l’installation du local que pour le salaire du maître, ira toujours au meilleur marché, il donnera au maître de la farine, du foin, des œufs, lui prêtera une charrette et diverses petites choses qui ne grèvent pas la commune mais qui améliorent la situation du maître ; 4o qu’on paie au maître le principal et que les parents des élèves et tous ceux qui tirent profit de l’école ajoutent chaque mois quelque chose, et non l’administration qui n’a pas à l’école d’intérêt direct.

L’administration des zemstvos et des ministères, sous ce rapport, ne peut pas agir autrement qu’elle agit ; les appointements du maître modèle sont déterminés, donc il faut se les procurer coûte que coûte. Par exemple, une certaine commune propose d’établir une école ; la commune paie un certain nombre de kopeks par âme, le zemstvo discute combien il faut ajouter. S’il n’y a pas d’autres demandes pour les écoles, il donne davantage ; par-