Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/103

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et à son fils, envers qui ses sentiments changeaient également, cessait de l’intéresser. Une seule chose désormais l’occupait : prendre le parti, qui serait à la fois le meilleur, le plus convenable et le plus commode pour lui, — convaincu à l’avance que ce parti serait en même temps le plus juste, — pour se laver de cette boue dont elle l’avait éclaboussé dans sa chute, et reprendre ensuite sa vie active, honnête et utile.

« Je ne dois pas être la victime d’une femme méprisable. L’important pour moi est de trouver l’issue la plus favorable pour sortir de cette situation pénible dans laquelle elle m’a placé. Et je la trouverai ! se dit-il en s’assombrissant de plus en plus. Je ne suis ni le premier, ni le dernier. » Et sans s’arrêter aux exemples historiques, tels que l’infortune de Ménélas dont de récentes représentations de la Belle Hélène avaient rafraîchi le souvenir, il se rappelait une série d’infidélités conjugales qui avaient eu récemment le grand monde pour théâtre.

« Darialov, Poltavskï, le prince Karibanov, le comte Praskhodine, Dramm… oui, ce bon Dramm, si honnête et si intelligent… Séménov, Tchaguine, Sigonine. » Tous ces noms lui venaient à la mémoire. « À vrai dire il s’attache bien quelque ridicule à ces gens, mais pour ma part je n’ai jamais songé à les railler, bien plus, je les ai toujours plaints sincèrement. » Telles étaient les réflexions