Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/202

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avec les charrues et les herses. Ils devaient être mariés : deux d’entre eux, assez jeunes, portaient des blouses de coton et des bonnets ; deux autres, des ouvriers loués, selon toute apparence, avaient des blouses de toile ; l’un était vieux, l’autre jeune. Le vieillard quitta le perron et s’approcha des chevaux qu’il se mit à dételer.

— Qu’avez-vous labouré ? demanda Lévine.

— Les champs de pommes de terre. Nous louons aussi un terrain. Hé, Fédor, ne laisse pas le hongre, mets-le à l’écurie, nous en attellerons un autre.

— Tu sais, père, j’ai dit d’envoyer des charrues. Nous les a-t-on amenées ? demanda un grand et jeune garçon qui paraissait être le fils du vieux paysan.

— Elles sont là, dans le vestibule, répondit le vieux en enroulant les brides qu’il venait d’ôter et les jetant à terre. Arrange cela avant le dîner.

La belle jeune femme, portant des seaux pleins, sous le poids desquels elle courbait l’épaule, traversa le vestibule ; puis vinrent d’autres femmes, les unes jeunes et jolies, les autres plus âgées, d’autres encore tout à fait vieilles et laides ; quelques-unes portaient des enfants.

Le samovar commençait à chanter. Les ouvriers et les faucheurs, après avoir dételé leurs chevaux, se préparaient à dîner. Lévine alla chercher ses provisions dans sa voiture et invita le vieux à prendre le thé avec lui.