Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/349

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— Vraiment, je ne me rappelle pas…

— Comme Tourovtzine rit gaîment ! dit Lévine en regardant les yeux humides et l’agitation de celui-ci.

— Vous le connaissez depuis longtemps ? demanda Kitty.

— Qui ne le connaît pas ?

— Et je vois que vous le considérez comme un méchant homme.

— Pas méchant, mais nul.

— Eh bien ! détrompez-vous, dit Kitty. Moi aussi j’avais une très mauvaise opinion de lui, et cependant c’est l’homme le plus charmant et le meilleur du monde. Un cœur d’or !

— Comment pouvez-vous connaître son cœur ?

— Nous sommes de grands amis. Je le connais très bien. L’hiver dernier… peu de temps après… que vous êtes venu chez nous, — dit-elle sur un ton coupable mais avec un sourire confiant, — tous les enfants de Dolly furent atteints de la scarlatine. Tourovtzine vint voir ma sœur, et le croiriez-vous, dit-elle plus bas, il eut tellement pitié d’elle qu’il resta pour l’aider à soigner les enfants. Et pendant trois semaines il est venu et a soigné les pauvres petits comme une véritable bonne d’enfants… Je raconte à Constantin Dmitritch ce que Tourovtzine a fait pendant la scarlatine, dit-elle en se penchant vers sa sœur.

— Oui, c’est un excellent homme ! dit Dolly en