Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/363

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Elle le regarda franchement et ses yeux avaient une expression tendre bien qu’effrayée.

— Demandez, je vous prie.

— Voilà, dit-il ; et il écrivit les lettres : q. v. a. r. c. i. c. s. j. o. a. dont chacune était le commencement d’un mot. Ces lettres signifiaient : « Quand vous avez répondu : c’est impossible, cela signifiait-il jamais, ou alors ? »

Il y avait peu de chances qu’elle comprît cette phrase compliquée, mais il la regardait d’un air si suppliant quelle la comprit.

Elle le regarda sérieusement, appuya son front plissé sur sa main et se mit à lire. De temps en temps, elle le regardait, semblant demander : « Est-ce bien cela ? »

— J’ai compris, dit-elle en rougissant.

— Quel est ce mot ? demanda-t-il en désignant le j qui voulait dire jamais.

Jamais, dit-elle, mais ce n’est pas vrai.

Il effaça rapidement ce qu’il avait écrit, lui donna la craie et se leva. Elle écrivit à son tour : a. j. n. p. r. a.

En apercevant Kitty, la craie à la main, regardant Lévine avec un sourire à la fois timide et heureux, en voyant la belle tête de celui-ci penchée sur la table, et ses yeux brûlants tantôt fixés sur la table, tantôt sur Kitty, Dolly se sentit consolée de la peine que lui avait causée sa conversation avec Alexis Alexandrovitch.