Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/396

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il s’était soumis, lui prescrivait de pardonner et d’aimer ses ennemis ; néanmoins, le sentiment joyeux de l’amour des ennemis et du pardon emplissait son âme.

À genoux, et appuyant sa tête sur le bras replié d’Anna qui le brûlait comme du feu au travers de la camisole, il sanglotait comme un enfant. Elle enlaça sa tête qui commençait à devenir chauve, se rapprocha de lui et avec une fierté provocante, levant les yeux :

— Le voilà, je le savais. Maintenant, adieu tous… adieu !… Le voilà revenu… Pourquoi ne s’en vont-ils pas ?… Ôtez-moi donc cette pelisse !…

Le docteur détacha ses bras, la recoucha délicatement sur l’oreiller et lui recouvrit les épaules. Elle s’allongeait sur le dos, docilement, et regardait devant elle, les yeux brillants.

— Souviens-toi d’une seule chose, que ton pardon seul m’est nécessaire… il ne me faut rien de plus. Mais pourquoi ne vient-il pas ? dit-elle en s’adressant à Vronskï à travers la porte. — Viens, viens, donne-lui la main.

Vronskï s’approcha du lit, et à la vue d’Anna, de nouveau cacha son visage dans ses mains.

— Mais, découvre ton visage. Regarde-le. C’est un saint ! Mais découvre donc ton visage, répéta-t-elle avec colère. Alexis Alexandrovitch, découvre-lui le visage, je veux le voir.

Alexis Alexandrovitch prit la main de Vronskï,