Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/62

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En un mot on manquait de tout.

Loin de trouver au début la tranquillité et le repos qu’elle espérait, Daria Alexandrovna fut accablée par ces soucis terribles, du moins à son point de vue. Bien qu’elle déployât toutes ses forces, elle se sentait impuissante en face de cette situation, et avait peine à retenir les larmes qui lui montaient aux yeux à tout instant. L’intendant, un ancien sous-officier que Stépan Arkadiévitch aimait à cause de sa belle prestance et qui avait été autrefois concierge, ne prenait aucune part aux tourments de Daria Alexandrovna. Il se contentait de dire d’un ton respectueux : « Il n’y a rien à faire ! Ces gens sont si mauvais ! » Et il ne bougeait pas.

La position eût été désespérée s’il n’y avait eu chez les Oblonskï, comme dans toutes les familles, une personne qui, malgré son rôle effacé, se montrait aussi utile qu’importante : c’était Maria Philémonovna.

Elle tranquillisait sa maîtresse, l’assurait que tout s’arrangerait (c’était son mot favori et Matthieu, le valet, le lui avait pris), et elle-même, sans bruit, travaillait et agissait.

Aussitôt arrivée, elle s’était liée avec la femme de l’intendant, et, le premier jour, elle prit le thé avec l’intendant et sa femme, sous les acacias, et discuta toutes les affaires du ménage. Bientôt, sous les acacias, se forma le club de Maria Philémo-