Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/63

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novna, où se réunissaient la femme de l’intendant, le starosta, et l’employé du bureau ; peu à peu, par ce club, elle parvint à aplanir toutes les difficultés de la vie ; et, en effet, au bout d’une semaine, tout s’arrangea. On répara la toiture, on trouva une cuisinière, la commère du starosta, on acheta des poules, les vaches commencèrent à donner du lait, on répara les clôtures du jardin, le charpentier installa la buanderie, on mit des crochets aux armoires qui enfin purent se fermer ; enfin une planche à repasser, entourée d’un morceau de drap de soldat, s’étendit du dossier d’une chaise à la commode et l’odeur des fers remplit l’office des femmes de chambre.

— Voyez donc ! Et vous vous désespériez ! dit Maria Philémonovna en montrant victorieusement la planche à sa maîtresse.

On construisit même une cabine de bains avec un paravent de paille ; Lili put enfin se baigner, et Daria Alexandrovna qui s’était promis une vie commode sinon tranquille à la campagne, sentit renaître l’espoir. Avec ses six enfants elle ne pouvait avoir un moment de repos : tantôt c’était l’un qui tombait malade, tantôt l’autre qui menaçait de le devenir ; il manquait quelque chose au troisième, le quatrième enfin témoignait d’un mauvais caractère, etc., etc. Rares étaient les périodes de calme véritable ; mais ces tracas et ces inquiétudes étaient pour Daria Alexandrovna le