Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/80

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les Stcherbatzkï lors de votre dernier séjour à Moscou ?

— Daria Alexandrovna, dit Lévine en rougissant jusqu’à la racine des cheveux, je m’étonne que vous qui êtes si bonne, ne le compreniez pas. Comment n’avez-vous pas pitié de moi, sachant…

— Quoi ? Qu’est-ce que je sais ?

— Vous n’ignorez pas que je me suis déclaré et qu’on m’a éconduit, prononça Lévine ; et toute la tendresse qu’un moment auparavant il ressentait pour Kitty s’évanouit pour faire place en son âme à la colère que lui suggérait le souvenir de l’offense autrefois éprouvée.

— Pourquoi supposez-vous que je le sache ?

— Parce que tout le monde le sait.

— Non, vous vous trompez ; je ne le savais pas, cependant je m’en doutais.

— Eh bien, maintenant vous êtes fixée.

— Je savais seulement qu’elle était vivement tourmentée d’une chose à laquelle elle ne me permettait pas de faire allusion ; d’ailleurs si elle ne m’en a rien dit à moi, à plus forte raison n’en a-t-elle parlé à personne. Mais que s’est-il passé entre vous, dites-moi ?

— Je vous l’ai déjà dit.

— Soit, mais à quel moment cela s’est-il passé ?

— La dernière fois que je suis allé chez vos parents.

— Voulez-vous connaître ma façon de penser :