Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/109

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le veux… Eh bien ! » Elle ouvrit largement les yeux, voulant donner ainsi plus de force à son regard.

« Oui, ils attirent à eux toutes les forces et donnent un faux brillant… », murmura-t-il, et il s’arrêta d’écrire, sentant le regard de sa femme.

Il sourit et se retourna.

— Qu’est-ce qu’il y a ? fit-il en souriant et se levant.

« Il s’est retourné ! » pensa-t-elle.

— Rien. Je voulais te faire retourner, et elle le regardait avec le désir de deviner s’il regrettait ou non qu’elle l’eût détaché de son travail.

— Que c’est bon d’être ainsi, à nous deux ! Du moins, pour moi, dit-il en s’approchant d’elle radieux de bonheur.

— Je me trouve bien ici. Je n’irai plus nulle part, surtout à Moscou.

— À quoi pensais-tu ?

— Moi ? je pensais… Non, non, va écrire… Ne te laisse pas distraire, répondit-elle avec une petite moue. Moi aussi, j’ai besoin de couper ces petits œillets, tu vois ?

Elle prit ses ciseaux et se mit à couper.

— Non, dis-moi à quoi ! répéta-t-il s’asseyant près d’elle et suivant les mouvements circulaires des petits ciseaux.

— À quoi je pensais ? À Moscou et à ton cou. — À moi ! Pourquoi ai-je un tel bonheur ? Ce