Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/195

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moulin à vent. La soirée se passa à travailler et à méditer sur le moyen de se servir d’un moulin pour tournoyer dans les airs en s’attachant aux ailes par les mains.

Durant toute la soirée Serge ne pensa point à sa mère, mais aussitôt au lit, il se la rappela et pria Dieu pour qu’elle cessât de se cacher et vînt le voir le lendemain, anniversaire de sa naissance.

— Vassili Loukitch ! Savez-vous ce que j’ai demandé à Dieu par-dessus le marché ?

— De mieux travailler.

— Non.

— De recevoir des jouets ?

— Non. Vous ne devinerez pas. C’est merveilleux, mais c’est un secret ! Si cela arrive, je vous le dirai. Vous ne devinez toujours pas ?

— Non, je ne peux pas deviner, dites-le-moi, dit Vassili Loukitch en souriant, ce qui lui arrivait rarement. Allons, couchez-vous, j’éteins la bougie.

— Sans bougie je vois bien mieux ce que j’ai demandé dans ma prière. Tiens, j’ai failli vous dire mon secret ! fit Serge en riant gaîment.

Une fois dans l’obscurité Serge crut entendre sa mère et sentir sa présence. Elle était près de lui et le couvait de son regard plein de tendresse. Puis, il vit des moulins, un canif, tout se confondit et il s’endormit.