Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/231

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maîtresse c’est encore pis », pensa Iachvine en quittant l’hôtel.

Vronskï resté seul se leva et se mit à marcher de long en large.

« C’est aujourd’hui le quatrième abonnement… Egor et sa femme seront là… avec ma mère probablement… c’est-à-dire tout Pétersbourg ! En ce moment elle entre, ôte sa fourrure et s’avance à la lumière. Touchkévitch, Iachvine, la princesse Barbe… Eh bien !… Et moi ?… Ai-je peur ? ou ai-je donné à Touchkévitch le droit de la protéger ? De toute façon c’est absurde, absurde ! Et pourquoi me met-elle dans cette situation ? » dit-il en agitant la main. Ce mouvement accrocha le guéridon sur lequel était posé le plateau avec l’eau de Seltz et le carafon de cognac. De dépit, il le poussa du pied et le renversa complètement. Il sonna.

— Si tu veux rester chez moi, dit-il au valet qui entrait, n’oublie pas ton service ; que ceci n’arrive plus ; arrange cela.

Le valet se sentant innocent voulut se justifier, mais un coup d’œil sur son maître lui prouva qu’il valait mieux se taire. Il s’agenouilla sur le tapis et se mit à ramasser les débris des verres et des carafes.

— Ce n’est pas ton affaire… appelle un garçon, et prépare mon habit.

Il était neuf heures et demie quand Vronskï entra