Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/276

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— C’est à cause du souper…

— Eh bien, dit Dolly, va donner des ordres et moi j’irai faire travailler Gricha, sans quoi il ne fait rien.

— C’est une leçon pour moi ! dit Lévine, se levant vivement. Non, Dolly, c’est moi qui irai.

Gricha, qui allait déjà au lycée, avait des devoirs de vacances. À Moscou, Daria Alexandrovna s’était mise à faire étudier le latin à son fils, et à la campagne elle s’était imposé la tâche de lui faire travailler chaque jour l’arithmétique et le latin. Lévine s’était offert à la remplacer. Mais la mère ayant entendu les leçons de Lévine et remarqué qu’il ne s’y prenait pas comme le répétiteur qu’elle avait à Moscou, pour son fils, lui déclara résolument, de façon cependant à ne pas le blesser, qu’on devait étudier d’après le livre comme le faisait le répétiteur, et que, dorénavant, elle s’en chargerait elle-même. Lévine en voulait à Stépan Arkadiévitch qui par insouciance laissait à sa femme le soin des études de son fils, alors qu’elle n’y comprenait rien ; il en voulait également au professeur qui s’acquittait si mal de sa tâche, néanmoins il promit à sa belle-sœur de suivre la méthode qu’elle voudrait. Il continua donc de faire travailler Gricha, et cette fois, non plus à sa manière mais d’après le livre ; aussi le faisait-il sans grand enthousiasme et oubliait-il souvent l’heure de la leçon. C’était précisément le cas.