Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/302

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Marchant prudemment, il suivit son chien.

— Pile ! cria-t-il.

Une bécasse s’éleva devant le chien. Lévine la visa, mais au même moment, le bruit de pas barbotant dans l’eau augmenta et les cris de Veslovski se joignirent à ce bruit. Lévine remarqua bien qu’il visait derrière la bécasse, cependant il tira. Le coup était manqué ! Lévine se retourna et aperçut la voiture et les chevaux enfoncés dans le marais. Vassenka, afin de suivre la chasse, leur avait fait quitter la route et les avait amenés dans le marais où ils s’étaient embourbés.

« Que le diable l’emporte ! » murmura Lévine en se tournant vers l’attelage.

— Pourquoi avancer jusque-là ? lui demanda-t-il sèchement.

Puis il héla le cocher pour l’aider à dégager les chevaux.

Lévine était agacé : non seulement on lui gâtait sa chasse et on faisait embourber ses chevaux, mais ni Stépan Arkadiévitch ni Veslovski ne l’aidaient à dételer les malheureuses bêtes ; il est vrai que ni l’un ni l’autre n’avait la moindre notion de l’attelage. Sans répondre à Vassenka, qui affirmait que c’était tout à fait sec, Lévine travailla avec le cocher à dégager les chevaux ; puis, animé par le travail et remarquant avec quel zèle Veslovski tirait le break, auquel il enleva même une aile, Lévine se reprocha sa mauvaise humeur qu’il