Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des icônes, l’argent des lustres et des candélabres, les mosaïques du sol, les petits tapis, les bannières du chœur, les degrés de l’autel, les vieux missels noircis, tout cela était inondé de lumière.

Dans la foule qui occupait le côté droit de l’église, parmi les habits et les cravates blanches, parmi les uniformes, parmi les toilettes de velours et de soie, parmi les fleurs, les épaules et les bras nus haut gantés, se tenaient, à mi-voix, des conversations animées qui résonnaient étrangement sous les hautes coupoles. Chaque fois que la porte s’ouvrait en grinçant, les conversations s’apaisaient et l’on se retournait, pensant voir paraître les mariés. La porte s’était ouverte déjà plus de dix fois mais toujours pour livrer passage à quelque retardataire qui se joignait au groupe des invités, à droite, ou à quelque curieux ayant réussi à tromper ou à amadouer l’officier de service et qui allait se placer à gauche, parmi les étrangers.

Les invités et les curieux avaient déjà traversé toutes les phases de l’attente. D’abord on n’avait attaché aucune importance au retard des mariés ; puis on s’était retourné de plus en plus souvent vers la porte se demandant s’il n’était pas survenu quelque chose. Enfin, ce retard était devenu gênant ; les parents et les invités, feignant de ne pas se préoccuper des mariés, se mirent à s’absorber dans leurs conversations. Le diacre, comme pour rappeler qu’il perdait un temps précieux,