Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/337

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Vassenka se leva un instant, et, avec l’absence de politesse envers les dames, propre à la nouvelle génération masculine, il salua à peine et se rassit pour reprendre sa conversation avec Kitty.

— C’est Macha qui m’a retardée. Elle a mal dormi ; elle est aujourd’hui très capricieuse, dit Dolly.

Entre Kitty et Vassenka il était encore question d’Anna et celui-ci discutait la possibilité d’aimer en se plaçant en dehors des conditions mondaines. Cet entretien déplaisait à Kitty et par le sujet et par le ton et surtout parce qu’elle connaissait d’avance l’impression qu’elle produisait sur son mari ; mais elle était trop inexpérimentée et trop naïve pour savoir y mettre un terme et dissimuler la gêne et à la fois l’espèce de plaisir que lui causaient les attentions du jeune homme. Elle voulait mettre fin à la conversation mais ne savait comment s’y prendre. Tout ce qu’elle pourrait faire serait remarqué par son mari et mal interprété. En effet, quand elle demanda à Dolly des nouvelles de la petite Marie, et que pendant cet échange de propos ennuyeux pour lui, Vassenka se mit à regarder Dolly avec indifférence, cette question parut à Lévine une ruse indigne.

— Irons-nous chercher des champignons, aujourd’hui ? demanda Dolly.

— Oh ! oui, allons-y, j’irai aussi, dit en rougissant Kitty.