Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/90

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XII

Anna et Vronskï échangeaient depuis longtemps des regards ennuyés, regrettant le docte bavardage de leur ami. Enfin Vronskï, sans attendre l’invitation du maître, alla regarder un autre petit tableau.

— Ah ! quelle merveille ! quel joli tableau ! s’écrièrent-ils en même temps.

« Qu’est-ce qui leur plaît tant, là-bas ? » pensa Mikhaïlov.

Il avait complètement oublié ce tableau peint depuis trois ans. Il avait oublié toutes les souffrances, tous les enthousiasmes qu’il lui avait coûtés, durant les quelques mois qu’il y avait travaillé nuit et jour. Une fois un tableau achevé, il l’oubliait toujours et même ne le regardait plus volontiers ; il n’avait exposé celui-ci que parce qu’il attendait un Anglais qui désirait l’acheter.