Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/142

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II

Simon s’approche, regarde et voit un homme jeune et robuste, dont le corps ne porte trace de violence ni de coups, mais transi de froid et visiblement effrayé. Assis contre le mur, il ne regardait pas Simon. Il avait l’air épuisé ; il ne pouvait lever les paupières.

Simon s’avança davantage, et se pencha vers l’homme qui se ranima soudain, tourna la tête, ouvrit les yeux et le regarda. Dès que Simon vit ce regard, il se prit à aimer l’homme. Il laissa tomber ses bottes, détacha sa ceinture, qu’il jeta sur elles, et enleva son cafetan.

« Pas de paroles inutiles, dit-il. Tiens, habille-toi vite. » Et Simon prit l’homme sous le bras, le souleva, le mit sur pied ; il vit son corps fin, délicat, propre, ses bras et ses jambes intacts, et son doux visage. Il lui mit son cafetan sur les