Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/212

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soit bien fait. Si je trouve du mauvais ouvrage, je ne tiendrai pas compte de la fête…

— C’est bien.

Le staroste allait se retirer, quand Michel Séménovitch le rappela pour dire encore quelque chose, mais il se sentait embarrassé, il hésitait, enfin il dit :

— Voici de quoi il s’agit : Écoute bien ce que ces brigands disent de moi. Quels sont ceux qui profèrent des menaces, ce qu’ils disent ; rapporte-moi tout. Je les connais, ces brigands, ils ne veulent pas travailler, ils voudraient rester couchés, à ne rien faire. Bâfrer et faire la fête, voilà ce qu’ils aiment, et ils ne songent pas que si on laisse passer l’époque des labours, il sera trop tard. Écoute-les donc bavarder et raconte-moi tout ce qu’on dira. J’ai besoin de le savoir. Va. Mais raconte-moi bien tout !

Le staroste se détourna, sortit, monta à cheval et partit aux champs retrouver les paysans.

La femme du gérant ayant entendu la conversation du staroste avec son mari s’approcha de lui et lui adressa une prière. C’était une femme douce et de bon cœur. Quand elle le pouvait, elle apaisait son mari et défendait les paysans auprès de lui. Elle vint donc trouver son mari et lui adressa une prière :

— Michenka, mon ami, pour le grand jour, pour la fête de Notre-Seigneur, ne commets pas de