Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/251

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IX

Une fois couché, Efim fut troublé par un doute. « On ne lui a point volé son argent, au pèlerin, pensa-t-il. Je crois qu’il n’en avait pas. Il ne donnait nulle part. Il me disait bien de donner, mais lui-même ne donnait rien. Il m’a même emprunté un rouble. » Mais aussitôt il se reprocha cette pensée : « Pourquoi porter des jugements téméraires sur un homme ? C’est un péché. Je ne le ferai plus. »

Mais dès qu’il s’assoupissait, il se rappelait de nouveau que le pèlerin regardait l’argent d’un certain air, et combien il paraissait peu sincère en disant qu’on lui avait soustrait sa bourse.

« Il n’avait pas d’argent sur lui. C’est une invention. »

Le lendemain, ils se levèrent de bonne heure et se rendirent à l’office du matin, dans le grand