Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/252

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temple de la Résurrection, au Saint-Sépulcre. Le pèlerin ne quittait pas Efim et le suivait partout. Ils arrivèrent au temple. Il y avait là des pèlerins : des Russes, des Grecs, des Arméniens, des Turcs, des Syriens, à ne pouvoir les dénombrer. Efim parvint avec la foule jusqu’à la Sainte-Porte. Un moine les conduisait. Il les fit passer à travers la garde turque, à l’endroit où le Christ fut descendu de la croix et oint d’huile. Là brûlaient neuf grands chandeliers. Le moine montrait et expliquait tout. Efim y déposa son cierge Puis le moine les mena à droite, en haut, par un escalier, sur le Golgotha, là où fut la croix. Efim fit sa prière. Puis on montra la fissure qui déchira la terre jusqu’à l’enfer ; ensuite l’endroit où furent cloués à la croix les pieds et les mains du Christ ; puis le sépulcre d’Adam, dont les ossements furent humectés par le sang du Christ ; puis la pierre sur laquelle s’assit le Christ, quand on posa sur son front la couronne d’épines ; et le poteau auquel on attacha le Christ pour le flageller. Ensuite on fit voir à Efim les deux creux laissés dans la pierre par les genoux du Christ On voulait encore montrer quelque chose, mais il se fit une poussée dans la foule : tous se hâtaient vers la grotte du Saint-Sépulcre. Un office orthodoxe allait succéder à une messe non orthodoxe.

Efim suivit la foule à la grotte. Il voulait planter là le pèlerin, contre lequel il péchait toujours en