Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/281

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porte. Dans sa hâte il trébuche dans l’escalier et laisse choir ses lunettes. Il s’élança dans la rue. La vieille tirait toujours les cheveux du gamin, le grondant de belle façon et le menaçant du commissaire.

L’enfant se débattait et criait :

— Je n’ai rien pris ! Pourquoi me battre ? Laissez-moi !

Avdieitch voulut les séparer. Il prit l’enfant par la main et dit :

— Laisse-le, grand’mère. Pardonne-lui, au nom du Christ.

— Je m’en vais si bien lui pardonner qu’il s’en souviendra jusqu’aux prochaines verges. Je vais le conduire au poste, le vaurien.

Avdieitch supplia la vieille.

— Laisse-le, grand’mère ; il ne le fera plus. Laisse-le donc, au nom du Christ.

La vieille le lâcha. Le gamin allait se sauver, mais Avdieitch le retint.

— À présent, demande pardon à la femme, et ne recommence plus à l’avenir, car je t’ai vu prendre la pomme.

L’enfant se mit à pleurer et demanda pardon.

— À la bonne heure. Et maintenant, voici une pomme.

Avdieitch prit dans le panier une pomme qu’il tendit à l’enfant.

— Je vais te la payer, grand’mère, fit-il à la vieille.