Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/282

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— Tu le gâteras, ce mauvais sujet, lui dit-elle. Il fallait le récompenser de manière qu’il s’en souvint toute la semaine.

— Eh ! grand’mère, grand’mère ! cela nous semble, mais Dieu n’en juge pas ainsi. S’il faut le fouetter pour une pomme, que faudra-t-il nous faire, à nous, pour nos péchés !

La vieille garda le silence. Et Avdieitch se mit à lui narrer la parabole du créancier qui remit sa dette à son débiteur, et du débiteur qui vint pour tuer son bienfaiteur.

La vieille écoutait et le gamin aussi.

— Dieu nous commande de pardonner, continua Avdieitch, sans quoi il ne nous sera point pardonné à nous-mêmes… de pardonner à tous, et surtout à ceux qui ne savent pas ce qu’ils font.

La vieille hocha la tête et soupira.

— Si c’est ainsi, fit-elle… Cependant les enfants ne sont déjà que trop portés à faire le mal.

— Alors c’est à nous, les vieux, de leur montrer le bien.

— C’est ce que je dis aussi, approuva la vieille. Moi-même j’avais sept enfants, il ne me reste plus qu’une fille…

Et la vieille se mit à raconter comment elle vivait chez sa fille ; combien elle avait de petits-enfants.

— Tu vois ma faiblesse ? dit-elle, et pourtant je travaille. Mes petits-enfants… je m’attendris sur eux ; ils sont si gentils ; il faut les voir courir à