Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/283

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ma rencontre ! Et Axutka ! En voilà une qui n’irait avec personne autre que moi ! « Grand’mère, dit-elle, ma bonne grand’mère !… »

L’émotion gagnait la vieille :

— Certainement, ce n’est qu’un enfant… Que Dieu le garde, fit la vieille en se tournant vers le gamin.

Mais comme elle allait recharger le sac sur ses épaules, l’enfant accourut en disant :

— Donne, grand’mère, je te le porterai. C’est sur mon chemin.

La vieille hocha la tête et lui donna le sac. Et tous deux s’en allèrent côte à côte. La vieille avait même oublié de réclamer à Avdieitch le prix de la pomme. Avdieitch, resté seul, les regardait s’éloigner en causant. Il les suivit des yeux, puis rentra chez lui, retrouva ses lunettes intactes dans l’escalier, ramassa son alène, et reprit sa besogne. Il travailla un moment, mais il n’y voyait déjà plus assez ; et il aperçut l’allumeur de réverbères : « Il faut que j’allume ma lampe », se dit-il. Il apprêta sa petite lampe, la suspendit et se remit à l’ouvrage. Il termina une botte, l’examina : c’était bien. Il ramassa ses outils, balaya les rognures, décrocha la lampe qu’il posa sur la table, et prit l’Évangile sur la planche.

Il voulut reprendre à la page où il en était resté la veille, mais il tomba sur une autre page.

Comme il ouvrait l’Évangile, il se rappela le