Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/340

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IX

Les trois frères vivaient et régnaient.

L’aîné, Simon le Guerrier, vivait heureux. Il avait ajouté de nombreux vrais soldats à ses soldats de paille. Il ordonna, dans tout son royaume. qu’on lui fournit un soldat par dix maisons, et que ces soldats eussent une grande taille, le corps blanc et le visage net. Il en recruta ainsi un grand nombre, qu’il exerça, et, pour peu qu’on refusât de lui obéir, il envoyait des soldats et obtenait tout ce qu’il voulait. Aussi tout le monde le craignait.

Et sa vie s’écoulait heureuse. Toutes ses fantaisies, il les réalisait ; tout ce qu’il voyait de ses yeux était à lui. Il envoyait des soldats qui s’emparaient pour lui de tout ce qu’il désirait et le lui apportaient.

Tarass le Ventru était heureux aussi. Il n’avait