Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/372

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Et il entendit derrière la porte une voix qui disait : « Quel est cet homme qui frappe à la porte du paradis ? Quels actes a-t-il accomplis durant sa vie ? » Alors la voix de l’accusateur répondit, énumérant tous les péchés que cet homme avait commis ; et il ne cita pas une seule bonne action.

Et la voix reprit, derrière la porte : « Les pécheurs n’entrent pas dans le royaume de Dieu. Va-t-en d’ici ! »

L’homme dit alors : « Seigneur, j’entends ta voix, mais je ne vois pas ta face et ne sais pas ton nom. »

Et la voix répondit : « Je suis l’apôtre Pierre. »

Et le pécheur dit : «Aie pitié de moi, apôtre Pierre. Rappelle-toi la faiblesse de l’homme et la bonté de Dieu. C’est bien toi qui fus le disciple du Christ, qui recueillis sa doctrine de sa propre bouche ? Tu as eu l’exemple de sa vie. Rappelle-toi ! Il avait l’âme torturée, et par trois fois il te demanda de ne pas dormir, de prier ; cependant tu t’endormis, car tes paupières tombaient de sommeil, et par trois fois il te surprit dormant ; j’ai fait de même.

« Et rappelle-toi encore : tu lui avais promis, jusqu’à la mort, de ne point le renier, et par trois fois tu le renias, lorsqu’on le mena devant Caïphe. J’ai fait de même.

« Et rappelle-toi encore : quand le coq chanta, et que tu sortis en versant des larmes amères. J’ai