Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/374

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et le livras lui-même au glaive des Ammonites. Toi, le riche, tu pris au pauvre sa dernière brebis, et tu le fis périr lui-même.

« Je fis de même. Rappelle-toi encore comment tu te repentis, disant : « Je reconnais ma faute et me repens de mon péché. » J’ai fait de même. Tu ne peux pas me refuser d’entrer. »

Derrière la porte du paradis, la voix se tut.

Au bout d’un instant, le pécheur se remit à frapper, suppliant qu’on le laissât entrer dans le royaume du ciel.

Derrière la porte se fit entendre une troisième voix qui disait :

« Quel est cet homme ? Et quels actes a-t-il accomplis durant sa vie ? »

Et pour la troisième fois la voix de l’accusateur énuméra tous les péchés que cet homme avait commis ; et il ne cita pas une seule bonne action.

Et la voix reprit, derrière la porte : « Les pécheurs n’entrent pas dans le royaume du ciel ! Va-t-en. »

L’homme dit alors : « Seigneur, j’entends ta voix mais je ne vois pas ta face et je ne sais point ton nom. »

La voix répondit : « Je suis Jean l’Évangéliste, le disciple préféré du Christ. »

Le pécheur s’en réjouit et dit : « Maintenant on ne me refusera pas d’entrer. Pierre et David ne me laisseront pas à la porte parce qu’ils connaissent