Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/421

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écarté revint à sa position première en poussant légèrement les oursons. L’ourse s’en aperçut et d’un coup de patte repoussa le bois. Le bois s’écarta encore davantage et frappa les uns dans le dos, les autres sur la tête. Les oursons se mirent à crier et s’éloignèrent. La mère grogna sourdement, saisit des deux pattes le morceau de bois et le repoussa avec force loin d’elle. Le morceau de bois s’envola bien haut. L’ourson revint vers le baquet, mit son museau dans le miel et mangea ; les autres oursons se mirent aussi à se rapprocher. Mais avant qu’ils eussent eu le temps d’arriver, le morceau de bois retombait sur le premier ourson, l’atteignait à la tête, et le tuait raide.

L’ourse se mit à gronder plus fort qu’auparavant et repoussa le bois de toutes ses forces. Le morceau de bois monta plus haut que la branche, la corde même s’infléchit. L’ourse et les petits oursons retournèrent au baquet. Le morceau de bois montait, montait ; puis il s’arrêta et commença à redescendre.

Plus il descendait, plus il allait vite. Il arriva sur l’ourse avec une telle vitesse que, la frappant à la tête, il lui brisa le crâne. L’ourse tournoya sur elle-même, tomba, raidit ses pattes et mourut. Les petits oursons s’enfuirent.