Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/432

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peux en venir à bout. C’est tout sale. Je suis éreintée.

— Mais tu devrais d’abord laver ton torchon, et après tu essuierais.

La patronne fit ce qu’il lui disait, et lava ensuite les tables.

— Merci, dit-elle, de m’avoir appris.

Le lendemain matin, le filleul prit congé de la patronne et continua sa route. Il marcha, marcha, et arriva dans une forêt. Il vit des paysans occupés à courber des jantes. Le filleul s’approcha et vit les paysans tourner ; mais la jante ne se courbait pas. Le filleul regarda et vit que le support, n’étant pas assujetti, tournait avec la jante.

Ayant regardé un moment le filleul dit :

— Que faites-vous là, frères ?

— Mais voilà, nous courbons des jantes. Deux fois déjà nous les avons trempées dans l’eau bouillante ; nous sommes éreintés, et le bois ne veut pas ployer.

— Mais vous devriez assujettir le support, frères ; autrement il tourne en même temps que vous.

Les paysans assujettirent le support et tout marcha bien.

Le filleul passa une nuit chez eux et poursuivit sa route. Il marcha toute la journée et toute la nuit. À l’aube il rencontra des bergers. Il se coucha près d’eux et vit qu’ils étaient en train de faire du feu. Ils prenaient des brindilles sèches, les allu-