Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/438

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vieillard, laissèrent du pain, promirent d’en apporter d’autre, puis ils partirent.

Et le filleul resta à vivre à la place du vieillard. Il y vécut se nourrissant de ce que les gens lui apportaient ; et il continuait à suivre les prescriptions du vieillard, puisant de l’eau à la rivière dans sa bouche et arrosant les tisons.

Le filleul vécut ainsi une année. Beaucoup de gens commençaient à le visiter. Le bruit se répandit que dans la forêt vivait un saint homme qui faisait son salut et arrosait avec sa bouche des morceaux de bois brûlé. On se mit à le visiter, à lui demander des conseils et des avis. De riches marchands venaient aussi le trouver et lui apportaient des présents. Le filleul n’acceptait rien pour lui ; il ne gardait que juste ce dont il avait besoin et donnait le reste aux pauvres.

Le filleul passait ainsi son temps : la moitié du jour il portait dans sa bouche de l’eau pour arroser les tisons ; l’autre moitié il se reposait et recevait les visiteurs. Et il finit par croire que c’était ainsi qu’il devait vivre pour détruire le mal et racheter ses péchés.

Le filleul vécut de la sorte une seconde année. Il ne passait pas un seul jour sans arroser ; cependant aucun des tisons ne poussait.

Un jour, étant dans son ermitage, il entendit un cavalier passer en chantant des chansons. Il sortit pour voir qui était cet homme. Il vit un homme