Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/444

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XII

Le filleul évita le monde et se mit à vivre seul. Ses provisions s’épuisèrent. « Eh bien, pensa-t-il, je vais chercher des racines. » Comme il allait les chercher, il remarqua sur une branche un petit sac contenant des biscuits. Le filleul les prit et s’en nourrit. Dès qu’ils étaient épuisés, le filleul trouvait un autre petit sac sur la même branche.

Ainsi le filleul vécut bien. Une seule chose le rendait malheureux : il craignait le brigand.

Aussitôt qu’il entend l’approche du brigand il se cache et pense : « Il me tuera, il me tuera, et je n’aurai pas le temps de racheter les péchés. »

Il vécut de la sorte dix ans encore. Un pommier poussait ; les deux autres tisons étaient restés ce qu’ils étaient. Un jour, le filleul se leva de bonne heure et alla vers la rivière. Il remplit sa