Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/447

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XIII

Encore dix années s’écoulèrent. Un jour, le filleul, assis sans rien désirer, sans rien craindre, le cœur plein de joie, se mit à penser : « Quelle joie ont les hommes ? Et ils se tourmentent pour rien. Ils devraient vivre, et vivre pour la joie. »

Et il se rappelait tous les maux des hommes, combien ils se tourmentent faute de connaître Dieu. Et il se mit à les plaindre : « Je passe mon temps inutilement. Il faudrait aller chez les gens et leur enseigner ce que je sais. »

Au même moment il entendit venir le brigand. Il le laissa passer, et pensa : « À celui-là il n’y a rien à enseigner ; il ne comprendra pas. »

Il pensa ainsi et pourtant il sortit. Aussitôt qu’il aperçut le brigand, il eut pitié de lui. Il courut à lui, et saisit son genou.

— Cher frère, dit-il, aie pitié de ton âme. Tu as en