Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/128

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— Adieu, monsieur Irteniev — me dit madame Ivine, en me faisant fièrement un signe de tête, et en me regardant les sourcils, comme avait fait le fils. Je saluai elle et son mari, et de nouveau, sur le vieil Ivine, mon salut fit le même effet que si l’on eût ouvert ou fermé une fenêtre. Cependant, l’étudiant Ivine me reconduisit jusqu’à la porte, et, incidemment, me raconta qu’il passait à l’université de Pétersbourg, parce que son père y avait reçu un poste (il me nomma un poste très important ).

« Comme papa voudra, » pensai-je à part moi en m’installant dans la drojki, « moi je ne remettrai plus les pieds ici ; cette pleurnicheuse pleure en me regardant, comme si j’étais un malheureux quelconque, Ivine, le goujat, ne me salue pas ; je lui montrerai… » Que voulais-je lui montrer ? Je ne le sais vraiment, je parlais comme ça.

Dans la suite, souvent, il me fallut subir les exhortations de papa qui trouvait nécessaire de cultiver cette connaissance, et qui disait que je ne pouvais exiger qu’un homme dans la situation d’Ivine s’occupât d’un gamin comme moi. Mais je tins bon assez longtemps.