Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/160

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visite, ou sur les chevaux du mari, et sans aucune cause apparente la discussion devient de plus en plus brûlante, et le voile devient trop étroit pour cacher le champ de discussion et tout à coup, à l’horreur de ceux même qui discutent et à la grande surprise des assistants, toutes les relations vraies, grossières se font jour, le voile déjà ne couvre plus rien, il se balance entre les adversaires, et vous rappelle, seulement, combien vous fûtes longtemps trompé par lui. Parfois il est moins douloureux de se frapper un coup contre le mur que de frôler légèrement l’endroit sensible. Ce point douloureux et sensible existe dans presque chaque famille. Dans la famille des Nekhludov, c’était l’amour étrange de Dmitri pour Lubov Sergueievna, amour qui excitait chez la sœur et chez la mère sinon un sentiment d’envie, du moins un froissement de parentes. C’est pourquoi la querelle sur Ivan Iakovlevitch et la superstition avait pour eux tous une telle importance.

— C’est précisément en ce dont les autres se moquent et que tous méprisent — disait Varenka d’une voix sonore, en prononçant distinctement chaque lettre — que tu essayes toujours de trouver quelque chose de particulièrement bon.

— Premièrement, il n’y a qu’une personne très légère qui puisse parler de mépris envers un homme si remarquable qu’Ivan Iakovlevitch — répondit Dmrtri en tournant nerveusement la tête,