Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/356

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avec un gloussement formidable, en écartant les ailes, elles se jetèrent vers le mur, l’une d’elles sauta vers le poêle. La petite izba de six archines était tout occupée par un poêle au tuyau défoncé, par un métier à tisser, qui malgré l’été, n’était pas encore démonté ni enlevé, et par une table toute noire avec une planche fendue et affaissée. Bien que dehors le sol fût sec, cependant, près du seuil, il y avait une mare boueuse formée lors de la pluie précédente par les gouttières du plafond et du toit. Il n’y avait pas de soupentes. On avait peine à croire cet endroit habité, tant il y régnait un air d’abandon et de désordre aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Cependant, dans cette izba habitaient Davidka Bielï et toute sa famille. En ce moment, malgré la chaleur d’une journée de juin, Davidka, la tête enveloppée d’une demi-pelisse, dormait fortement au coin du poêle. La poule effrayée qui sauta sur le poêle et qui encore effarée sauta sur le dos de Davidka, n’éveilla pas celui-ci.

Ne voyant personne dans l’izba, Nekhludov voulait déjà sortir, quand tout à coup, un soupir long, humide informa de la présence de l’hôte.

— Eh ! qui est là ? — cria le seigneur.

Au poêle, répondit un autre soupir prolongé.

— Qui est là ? — Viens ici.

Un nouveau soupir, un gémissement et un bâillement très fort répondirent à l’appel du maître.

— Eh bien ! Quoi ?