Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol2.djvu/37

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VI

LA CONFESSION


Distrait par ces réflexions et par d’autres du même genre, je retournai au divan, alors que tous y étaient déjà réunis, et que, debout, le confesseur se préparait à lire la prière précédant la confession.

Mais, dès que, au milieu du silence général, retentit la voix expressive et sévère du moine lisant la prière, et que surtout, s’adressant à nous, il prononça les paroles : Avouez tous vos péchés sans honte, sans détour, sans justification et votre âme se purifiera devant Dieu, et si vous cachez quelque chose, ce sera un grand péché, chez moi reparut le sentiment de crainte respectueuse que j’avais éprouvé le matin à la pensée de l’auguste sacrement que j’allais recevoir. J’éprouvais même du plaisir à avoir conscience de cet état, et je m’efforcais de le retenir en arrêtant toutes les idées qui