Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/120

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Ce n’est pas de pain seul que l’homme vivra, mais de tout ce qui vient de Dieu, paroles qui non seulement ne répondent point à ce que dit le diable sur la faim, mais qui signifient tout autre chose. Du fait que Jésus ne change pas les pierres en pain, ce qu’évidemment on ne peut pas faire, et qu’il ne répond même pas à cette impossibilité, mais répond au sens général, il ressort que ces paroles : ordonne que ces pierres deviennent du pain ne pouvaient être prises au sens propre, et que leur signification est celle qu’elles ont lorsqu’elles sont adressées à l’homme et non à Dieu. Adressées tout simplement à un homme, ces paroles ont une signification très claire et très simple. Elles signifient : Tu veux du pain, prends donc la peine de t’en procurer, parce que tu vois toi-même qu’avec des paroles tu ne feras pas de pain. Et Jésus n’explique pas pourquoi il ne fait pas du pain avec des pierres, mais il répond au sens contenu dans ces paroles : Est-ce que tu te soumets aux exigences de la chair ? Il répond : l’homme vit non du pain mais de l’esprit. Le sens de ces paroles est très général. Pour le comprendre, plus exactement, il faut se rappeler le commencement du chapitre, et à qui ces paroles sont dites. En citant les paroles scripturaires, Jésus-Christ, évidemment, parle dans le même sens, qui est celui du chapitre viii du Deutéronome :


1o Prenez garde de faire tous les commandements que je vous donne aujourd’hui, afin que vous viviez, et