Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/122

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tations de la part des exégètes, tandis qu’il n’en est besoin d’aucune. C’est la voix de la chair qui parlait en Jésus qui s’appelle ici le diable ; et ces paroles signifient tout simplement : « Son imagination le transporta sur le temple » ou « Il s’imagina être sur une hauteur, et la voix de la chair lui cria de nouveau : « Si tu es le fils de Dieu, jette-toi d’ici. »

Selon l’Église ces paroles ne sont liées par rien aux précédentes, et leur signification est encore celle-ci : que le diable incite Jésus-Christ à faire un miracle inutile. Les paroles du diable, celles du psaume 91, disant que les anges le soutiendront, n’ont également, d’après l’Église, aucun lien avec celles qui précèdent, et toute cette conversation paraît sans utilité, ni but. La stupidité de l’interprétation ecclésiastique de la deuxième tentation provient de l’erreur de compréhension du sens des premiers mots : Des pierres, fais du pain. Ces paroles comprises non comme l’expression de quelque chose d’impossible (avoir du pain quand on n’en a pas de réserve) mais comme la provocation au miracle obligent à envisager aussi comme une pareille provocation les paroles qui suivent : jette-toi en bas. Or ces paroles ont évidemment un lien avec les premières : les unes et les autres sont précédées de la même formule : Si tu es le fils de Dieu. En outre, dans la deuxième réponse le mot ὅτιparce que, qui se trouve chez Luc,