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doctrine qui m’était révélée et dans laquelle, depuis lors, je persévère avec une joie de plus en plus grande.

Léon Tolstoï.
Iasnaïa Poliana, 29 août 1891.




Préface de l’édition de « La Parole libre. »

J’écrivis cet ouvrage au cours d’une période d’enthousiasme inoubliable pour moi, avec la conscience que la doctrine chrétienne, exprimée dans les Évangiles, n’a rien de commun avec cette doctrine étrange, dont les contradictions me blessent et que l’Église enseigne, mais qu’elle est au contraire une doctrine simple, claire et profonde, qui renferme le sens de la vie, et répond aux besoins supérieurs de l’âme humaine.

Malheureusement, sous l’influence de cet enthousiasme et de cet entraînement, je ne me suis point borné à comparer les passages compréhensibles de l’Évangile, qui exposent cette doctrine (en omettant ce qui ne s’accorde pas avec le sens général et ne le confirme ni ne l’infirme), et j’ai tâché de donner même aux passages obscurs, l’interprétation conforme au sens général. Ces tentatives m’ont entraîné dans des explications artificielles et probablement erronées au point de vue philologique, explications qui, au lieu d’augmenter la clarté