Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/153

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Que devons-nous faire ?

Il leur répondit :

N’exiger que ce qui est dû.

Les soldats lui demandèrent : Que devons-nous faire ?

Il leur dit :

N’offensez personne, ne trompez personne. Soyez contents de ce que vous avez.

Mais il disait encore bien d’autres choses au peuple sur ce qui est le vrai bien.

Jésus avait alors trente ans. Il alla trouver Jean au bord du Jourdain, et écouta ses paroles : que Dieu vient, qu’il faut s’amender, que maintenant les hommes seront purifiés par l’eau, mais qu’ils doivent se purifier par l’esprit, et qu’alors Dieu viendra. Jésus ne connaissait pas son père charnel et regardait Dieu comme son père. Il eut foi aux paroles de Jean et se dit : S’il est vrai que Dieu est mon père, et si je suis le fils de Dieu, alors ce que dit Jean est aussi vrai, et il me faut seulement me purifier en esprit pour que Dieu vienne en moi.

Et Jésus partit au désert pour éprouver s’il était vrai qu’il fût le fils de Dieu et que Dieu viendrait en lui. Il s’en fut dans le désert et resta là, sans boire ni manger ; et il dépérit. Alors le doute le saisit. Il pensa : « On dit que tu es esprit, fils de Dieu, et que Dieu viendra en toi, or tu souffres parce que tu n’as pas de pain, et Dieu ne vient point à toi. Alors tu n’es pas esprit, tu n’es pas le fils de