Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/276

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8. Et une autre partie tomba dans une bonne terre, et rendit du fruit, qui monta et crût ; en sorte qu’un grain en rapporta trente, un autre soixante, et un autre cent. Enfin les autres tombèrent sur une bonne terre, et les épis poussèrent et les uns donnèrent cent fois plus de grains, les autres cinquante, les autre trente.
9. Et il leur dit : Que celui qui a des oreilles pour ouïr entende. Celui qui a du bon sens comprendra.

Remarques.

1) J’ai déplacé les mots sur le manque de terre, pour garder une forme plus littéraire.


Dans le monde infini, incompréhensible des hommes, l’entendement fut envoyé et vint.

L’entendement est répandu parmi tous les hommes, de même qu’un nombre incalculable de grains est répandu par le semeur sur tout son champ, ainsi que sur la route, les cailloux et les mauvaises herbes.

Le semeur sait que dans son champ il y a le chemin, les pierres, les mauvaises herbes, que beaucoup de grains se perdent, cependant il sait que le champ vaut la peine d’être ensemencé. Il sait que malgré la perte, beaucoup de grains croîtront et qu’il y aura une récolte. Ainsi est dispersée la vie de l’entendement parmi les hommes. Il y aura perte, mais aussi récolte. De ce nombre incalculable de grains une petite partie périra, mais l’autre rendra cent fois, cinquante fois, trente fois plus.