Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/48

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raison, d’activité de la raison, toujours tendue vers quelque chose, et dans ce cas πρός peut être traduit par « vers », indiquant que l’entendement est tourné vers quelque chose. La traduction serait alors la suivante : L’entendement était, ou est devenu tourné vers Dieu. Elle introduirait la conception superflue « tourné », ou ne serait pas claire.

On peut encore donner au mot λόγος, la signification d’égalité, remplacement de l’un par l’autre, signification exprimée par l’expression « à la place de » (Les taureaux ne peuvent pas travailler à la place des chevaux. Il le respecte à la place de son père). Dans ce cas, la traduction serait la suivante : Le commencement de tout était l’entendement. Et l’entendement a pris la place de Dieu, c’est-à-dire l’entendement a remplacé Dieu.

Les deux premières traductions ont presque la même signification ; mais ni l’une, ni l’autre n’est tout à fait exacte. Dans la première, le mot πρός (deux fois répété, — ce qui montre qu’il est nécessaire pour l’explication de la pensée) est omis ; dans la seconde, pour donner un sens à cette préposition, on lui ajoute le mot « tourné ». La troisième traduction exprime la même pensée, et en outre a cet avantage qu’elle rend le mot πρός sans rien y ajouter.

Pour décider entre ces trois traductions, il faut analyser les quatre propositions liées entre elles