Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/101

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de faire. À leur retour, ils dirent joyeusement à Jésus : La doctrine du diable sur la colère, l’adultère, le serment, les tribunaux, la guerre, a cédé partout ! Et Jésus leur dit : Ne vous réjouissez pas de ce que le mal vous ait cédé, mais réjouissez-vous d’accomplir la volonté de Dieu.

Et Jésus, heureux de la force de l’Esprit, dit : Du fait que mes disciples m’ont compris et que le mal se soumet à eux, je vois que tu es l’Esprit supérieur, le commencement de tout, véritablement le père des hommes, car ce que les savants et les sages, avec toute leur science, n’ont pas compris, les innocents l’ont parfaitement compris, puisqu’ils se sont reconnus les fils du Père. Tu leur as révélé tout, comme le fait le Père, par son amour. Tout ce que l’homme doit savoir lui est révélé par l’amour du Père envers le fils, et du Fils envers le Père. Le Père ne reconnaît que celui seul qui s’avoue son Fils. Puis, Jésus, accompagné de ses disciples, s’en alla dans une maison, où une si grande foule de gens s’était réunie qu’il ne pouvait même pas manger. Ceux de son entourage vinrent et voulaient l’emmener, pensant qu’il était devenu fou. Des scribes et des Pharisiens, venus de Jérusalem, dirent : Il est devenu fou, puisque par un grand mal il veut faire disparaître un mal moindre. Pour que la mendicité disparaisse, il veut que tous soient mendiants ; pour que l’on ne punisse personne, que les brigands tuent tout le monde, et,