Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/105

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lui dirent : Comment as-tu pu ordonner à un homme de se lever et de ramasser son lit le jour du sabbat ? À cela Jésus répondit : Mon Père Dieu ne cesse jamais de travailler, ni les autres jours de la semaine ni le jour du sabbat ; ce n’est pas le sabbat qui a fait l’homme, c’est l’homme qui a fait le sabbat.

Alors les Juifs l’attaquèrent encore plus durement d’avoir osé appeler Dieu son père.

Jésus leur répondit : L’homme ne pourrait rien faire par lui-même si Dieu-Père, l’Esprit de Dieu en l’homme, ne le lui indiquait pas. Dieu-Père est toujours en l’homme et agit, et l’homme vit et agit. Dieu-Père, pour le bien des hommes, leur a donné la possibilité de comprendre ce qui est bien et ce qui est mal. De même que le Père donne la vie, de même l’Esprit de Dieu donne la vie. Dieu-Père ne choisit pas, ne décide rien lui-même ; ayant indiqué à l’homme ce qui est bien et ce qui est mal, il lui laisse le soin d’agir, afin que les hommes respectent l’esprit de Dieu en eux, lui obéissent, comme ils respectent Dieu et lui obéissent.

Celui qui ne respecte pas en soi l’esprit de Dieu ne respecte pas Dieu. Comprenez que celui qui se donne entièrement à une doctrine élève en soi l’esprit et met en lui sa vie ; celui-ci a la vie hors du temps et se trouve affranchi de la mort. Il est clair que maintenant les morts ayant compris le sens de leur vie, ayant compris qu’ils sont enfants de Dieu,